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Dedans laquelle Atropos attendoit
Mon foible corps qui ne se defendoit:
Fors par l'espoir eslevé vers les Cieulx,
Requerant ayde, & temps plus gracieux.
Ou est le cueur plain d'asseurance forte,
Voyant ces cas qui ne se desconforte?
Et qui n'espere en noyse tant haultaine,
Plustost la fin que la vie certaine?
La mer qui fut plaine comme campaigne,
Est ja reduite en diverse montaigne.
Jusques au Ciel galeres sublimees,
En un instant semblent estre abysmees,
Plus du bastard on ne fait voile à mont, /
Ny de la bourde, & moins de l[']artimont.
Le seul trion en carré mesuré,
Est plus au vent constant, & asseuré.
Dangereux est navigage de l[']hoste:
Et que Galere aupres d'elle s'acoste.
Chascun s'escarte à la merci du vent,
Regnant Siroc le prochain du levant:
Lequel ayant la grand force brisee
Des autres ventz, & la Mer maistrisee
Nous conduisoient vacabonds, & errans
Ou sa fureur avoit gagné les rangs.
En tel tourment que chascun peult scavoir,
Trop plus plaisant à reciter qu'à voir,
Fusmes à tant que Phoebus ayant fait
Son cerne rond, de nous se fut deffait.
  Lors estonnez de la nuict qui survient:
Et que tousjours la Mer grosse devient,
Voyans aussi que la forte tourmente,
A chascun coup brise la palemente,
Baigne forsatz, entre de toute part:
Et qu'il n'y a obstacle, ny rampart
Qui sceust garder le tymon qui nous guide,
Que bien souvent de sa place ne vuide:
Tous mariniers commencent à crier
Misericorde, & à genoulx prier:
L[']un saincte Barbe, & l[']autre sainct Anthoine
L[']autre fait veu, de s'aller rendre moyne