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Et ja voyans les coustrates* des mers,             O: constrates
Nous presentans leurs bruvages* amers,           O: breuvages
Soubdain pilotz font yssir le carnal,
Et allumer en poupe le phanal,
Pour esclarcir l'obscurité qui nuit,
Deliberez faire force la nuict.
Galeres lors observerent l'adresse
Du feu luysant en la capiteinnesse.             O: capitainnesse
Ayant co[n]clud chascun en son endroict, /
N'aller ailleurs sinon au phanal droict.
Mais comme on void, en horrible bataille
Apres avoir frappé d'estoc, & taille,
Et que meslez sont ensemble ennemys,
Les uns blessez, les autres à mort mis:
Les bons souldartz qui sont encor vivans
A l'oeil l'enseigne, ou guidon poursuivans
Ont entrepris ne le perdre de veue:
Et toutesfois par la grand foulle esmeue
Des combatans qui font en plain jour sourdre
Obscurité d'elation de pouldre,
Le plus souvent demeurent separez
De l'estandart, au combat esguarez.
Ainsi advint à noz foibles vaisseauz*,        V2: vaisseaulx; O: vaisseaux
Mis au conflict des vagues, & des eaux.
Par ventz, par flotz, par constrates adverses
Furent contraintz suivre voyes diverses:
Et ne voir plus leur flamboyante enseigne,
Qui le chemin nagueres leur enseigne.
    Adonc la Mort voyant mis à l[']escart,
Le seul vaisseau du Baron sainct blanquart*     V2, O: Blanquart
Chef de l'armee, ou j'estois embarqué
Qu'elle tousjours avoit bien remarqué,
Se va penser l'heure estre tout à poinct,
Qu'elle pouroit parvenir à son poinct.
Mais s'efforcant venir secrettement,
Fut de nous tous cogneue apertement.
Car les monceaux des grandz vagues haultaines,
Nous donnoient bien cognoissances certaines /
Que la dessoubz la Mort estoit absconse.
La froide peur sur ce poinct nous annonce,