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Un desespoir de salut impossible.
    Hà, dy je lors, que le monde passible
Est remply d'heur, en qui les destinees
Ont pour l'honneur ses fins determinees.
Ò bienheureux qui perdirent la vie
Devant les yeulx de leur prince à Pavie:
Dont le clair bruict jamais ne perira,
Tant que le nom de Francois florira.
Et la memoire en sera plus heureuse
Qu'oncques ne fut leur peine douloureuse.
Que n'ont les Dieux plustost à moy permis
D'estre desfait par Flamans ennemis
Ou Piedmontois? à l'heure honnestement
L'ame eust peu prendre hors du corps partement.
Mais maintenant las il fault que ma gloire
Soit de peril par force de trop boire.
Et que poissons au lieu d'hommes vaillans,
Soient de mon corps les hardis assaillans.
Ò Dieux haultains qu'avons nous tant commis,
Est ce Juno qui nous pense ennemis,
Pource que yssus sommes du sang de Troye ?
Helàs il fault que la deesse croye
Que ne venons en l'Itale contre elle
Renouveler ceste antique querelle.
Nous scavons bien que trop legerement
Fut par Paris donné le jugement,
Et que les maulx par l'offense irritez,/
Que noz majeurs les avoient meritez,
Nous le scavons, mais aussi luy suffise
D'en avoir Troye à sang, & à feu mise.
Suffise luy du tant piteux oultrage
Faict aux Troyens par si cruel naufrage,
Qu'en ce lieu propre ou sommes agitez
Deux vaisseaux plains furent precipitez.
Veult elle encor de ce peu nombre cy,
Paistre son cueur contre nous endurci?
Certes le sang d'Ilion descendu
Trop amplement pour l'heure est espandu,
Pour en nous seulz estaindre l'origine.
Ò vous Venus, ò deesse divine