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Qui fustes source à telle inimitié
Vueillez nous voir de vos yeulx de pitié,
Avant du tout que soyons desconfitz.
S[']il est ainsi qu'Aeneas vous
fut filz
Comme font foy les livres apparens,
Sommes nous pas voz trespauvres parens?
Mais il suffit si vous faictes tant
d'heurs
Nous advouer pour humbles serviteurs:
Et que pour nous employez la puissance
Qu'avez en Mer ou vous pristes naissance.
Ces motz à peine eu je
parachevez
Que dessus nous, nous vismes eslevez
Flambeaux ardens tout autour du cordage,
Que vieulx pilotz prindrent à bon presage,
Estre affermans le vray feu sans
fantosme,
Des bienheureux Damian, & sainct
Cosme. /
Autres disoient (ayans les livres leuz)
Que c'estoit feu de Castor, &
Pollux
Freres gemeaux: apres un bien grand trouble
Monstrans en Mer heureuse clarté double.
Mais les clairs feuz qui estoient la venus,
N'estoient sinon les flambeaux de Venus,
Qui par pitié, & par compassion
Venoit chasser ma dure passion.
Entrant en moy spirituellement
Par les conduitz de mon entendement.
La bonne dame en mon cueur arriva,
Ou tout soubdain esveiller elle va
Son filz Amour, qui dormoit la* tout
nud O:
là
Secrettement de peur d'estre congneu.
Amour voulant d'elle le cas
entendre
Incontinent commence à son arc tendre:
Et du carquois vingt traictz esmouluz
tire,
Tous bien forgez à preuve de martire.
Sort, & s'en va tant despit qu[']il se
mord,
Deliberé de combatre la Mort.
Laquelle ayant sa sortie esventee,
Devant les traictz ne s'est pas presentee:
Et n'osa pas respondre à ces alarmes:
Mais s'enfuyant luy quitta tost les armes.
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