725
730
735
740
745
750
755
760

|
Allez (dit il) que plus ne vous advienne:
Et que Aeolus de ce faict se souvienne:
Car par les fers des flesches que je porte,
Il en sera puni de telle sorte,
Qu'il cognoistra qu'il ne se doibt jouer
A ceulx que miens il me plaist advouer.
Amour ayant le tout rendu tranquille,
S'en est r'entré au propre domicile
(Ou promis a de loger jusque à tant,
Qu'il payra l'hoste,
& le rendra contant)
Si finement que nul veoir ne l[']a*
sceu, O:
l'ha
Ny au partir,
ou rentrer
aperceu:
Fors moy
tout seul qui graces luy rendois,
De plus de biens que je ne pretendois,
Et par serment luy fus encor jurant,
Que si j'estois mil annees durant
Tousjours son serf serois malgré*
l'envie[,]* O:
maugré; [,]
Puis qu'au besoing m'avoit saulvé la vie.
Nous doncques tous qui fusmes presque pris,
Passé le mal, reprismes noz espritz.
Au port du Jon chascun se rassembla,
Fors
deux vaisseaux que le temps
nous embla:
Desquelz n'avons nouvelles, ny advis /
S'ilz sont saulvez, s'ilz sont ou mortz, ou vifz.
Apres avoir à Dieu rendues
graces,
Ayans repris en nous joyeuses faces,
Chascun du temps
recite un nouveau compte.
Chascun ses paours,
& fortunes racompte.
L[']un recitoit, comme la vague grande
Avoit porté la Galere à la
bande:
Et sans celuy qui le tymon guidoit,
De ce grand choc le vaisseau se perdoit.
L[']autre avoir veu traverser la
grosse
eau
De poupe en proe*, au beau long du
vaisseau. O:
proue
Un autre dict que plusieurs tourbillons,
Avoient brisez cordes, & cordillons:
Et de fureur la voile en mer gectee.
Villiers jura sa galere agitee,
Avoir esté sans tymon demie heure.
Il n[']y* a nul qui confus ne
demeure V2,
O: n'y
|