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L[']on peult attaindre à parfaite science:
Ainsi de l[']oeil la longue experience,
Le cours des lieux, & le divers usage
C'est ce qui rend en fin l'homme tressage.
Avec cela que l'honneur ne s'acquiert
Que de celuy qui par peine le quiert.
    Ainsi m'asseure, ainsi me reconforte/
Raison du tout: fors d'une peine forte
A resister à son dire obstinée
Qui me demeure au cueur enracinée.
Ce n'est (amye) aultre peine que celle
Que je conceu par l'ardante estincelle
De voz beaulx yeulx, quand l'amour que je sens
Vint occuper la force de mes sens,
Qui tellement de mon cueur se feit maistre,
Qu'aultre que vostre il ne peult vouloir estre.
Car nonobstant que la mer, & le vent
Portent mon corps es pais de levant,
Le cueur pourtant que vos graces ont poinct,
Me dit tout court qu'il ne me suyvra point
Si ne permets que cinq cens foys le jour,
Il vaise* faire aupres de vous sejour.              O: voyse
Tresvoluntiers je luy donne licence,
Mais au retour il dit que mon absence
Me causera par la longueur du temps
Perte du bien que de vous je pretends:
Et qu'un qui n'a jamais en vous pensé
De mes labeurs sera recompensé,
En recevant sans vous avoir servie,
L'heureuse paye à ma foy deservie.
    Voyla comment le cueur ne me dit chose
Ou ne soit doubte, & crainte froide enclose:
Sans me scavoir (qui plus me desconforte)
Dire comment vostre beaulté se porte.
Que pleust à Dieu que mon corps peust aller
Si aisement, ou par terre, ou par l'air, /
Comme vont tost mon cueur, & ma pensée
Au lieu ou fut leur peine commencee.
Je compterois souvent au Roy nouvelles:
Souvent verrois la plus belle des belles: