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Venir Ceres la deësse invoquer.
Pres dudit cap le vent vint à
manquer, V2:
remes
Mer s'adoulcir, augmenter la chaleur:
Temps pour accroistre aux forsatz leur malheur,
Qui tout soubdain les remes*
empoignerent,
Et de voguer jour, & nuict ne cesserent.
Ò sort inique! ò gens infortunez,
A tel labeur estans predestinez!
Or pense (amye) icy la grand misere
De ces forsatz condemnez en galere.
Mais quant
& quant veuilles penser aussi,
Que plus grand est mon mal que leur soulci:
D'aultant que plus est fort, & vehement
De l'esperit, que du corps le tourment.
Et si verrez par raison naturelle,
Si n'estes trop endurcye, & cruelle,
Que plus dure est la mienne affliction,
Que n'est la leur serve
condition.
Chascun d'eulx est nommé serf, &
forsaire:
Serf non forsé je suis, mais voluntaire.
Bien que l'effort de vostre grand beaulté,
M'ayt asservy soubs vostre cruaulté. /
La liberté d'iceulx n'est asservie,
Que pour un temps, la mienne pour la vie.
Ilz sont puniz pour leur grand demerite,
Je n'ay fait grande offence, ny petite,
Dont peine doibve estre à moy recompense:
Si trop aymer vous n'appellez offense.
Ilz ont, au moins, quelque soulagement
D'avoir plusieurs egaulz en leur tourment.
Nul n'est egal à moy d'amytié forte:
Personne aussi mon mal ne reconforte.
Les ventz legers souvent leur favorisent:
Les ventz à moy n'aydent, & si me nuysent,
Car avec eulx, & leur legereté,
N'a rien commun ma stable fermeté.
Les pauvres gens sont par serve
rigueur
Liez au pied, & je le suys au cueur,
Qui est du corps trop plus noble partie.
Leur prison n'est aultrement admortie
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