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Et s[']aprestoyent de bien nous recueillir,
Si nous eussions voulu les assaillir.
Autres montoyent sur les murs, & rampars
Pour ministrer deffence en toutes pars:
Voulans mourir tous d'un zele bellique,
Pour conserver une leur republique.
Femmes au bruit craintifves, & tremblantes /
Sont à chercher leurs enfans vigilantes,
Lesquelz sans crainte à veoir se delectoyent
Noz galeres que les vens agitoyent.
Les bons viellartz de combatre exemptez,
Se sont à peine aux eglises portez:
Recommandans de cueur devotieux
Leur grant foiblesse à la force des cieulx.
Une rumeur effroyable à merveilles
Saisit de tous les cueurs, & les oreilles.
Laquelle quand nous eusmes aperceue
Avoir ainsi toute l'isle deceue,
Du gros Canon par troys foys nous tirasmes:
Et comme amys, noz amys asseurasmes.
A ce salut citoyens asseurez,
Ont de plus pres noz vaisseaux mesurez
Des yeulx doubteux, & en eulx recongneu
Les fleurs de lys, present du ciel venu:
Dont le regard est craint, & honnoré,
En tous climatz de ce siecle doré.
Lors sans delay viennent nous presenter
Tout ce qui peult gens de mer contenter.
Port asseuré, vivres, logis en terre,
Ayde d'argent, asseurance de guerre.
Certes s'il fault confesser verité,
Nous eussions eu sans eulx necessité.
Car d'amys est aux nations barbares
Petit le nombre, & bourses y sont rares.
Dont nous reduitz à l'extreme souffrance
De tous les biens [dont] abonde la France, /
Ne trouvons nul qui secourir nous voyse,
Fors les Chios, nation Genevoyse:
Qui tout soubdain en terre nous menerent,
Et privement par tout nous pourmenerent,