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Va deviser
privement
avec elles,
Excepté moy: car bien qu'elles soyent belles,
Laides les trove, & leur civilité
Estre me semble une imbecilité.
Tant impossible est qu'en mon cueur je sente
Aucun plaisir, ou vous estes absente:
Qui me contraint absenter tous deduitz,
Et solitaire avoir mes sens reduitz
Au seul plaisir de pensée secrette.
Je voys,
je viens, j'espere, je regrette,
Je considere, & voy la
constructure
Des bastimens de ce lieu de nature.
Du port l'entrée, & combien de vaisseaulx
Peuvent surgir
en ces tranquilles eaux. /
Ores
m'enquiers des statutz de la ville,
De quel tribut elle est au Turc
servile:
Combien de feuz
toute l'isle comprend:
Quel revenu la Seigneurie en prend.
Puis je me fais conduire es
lieux plaisans
Ou le mastic
se produit tous les ans,
Gomme qui sort de petis arbrisseaux
Qu'à peine on peult recueillir à plains
ceaux.
Chose pour vray de grand' merveille digne.
Je advise puis quel vent en mer domine,
Si c'est Siroc,
Mydi, le
beix
[,]Ponant,
Mestral
[,] le Grec,
Transmontane,
ou Levant
Et me delecte à voir voiles enflées,
Des mesmes vents en mer haulte soufflées.
Tantost j'attens les vagues fluctueuses
Encontre moy ruans impetueuses :
Si que par foys l'unde mon pied surprend,
Quand assez tost sa desmarche
il ne
prend[.]* O:
[.]
Tantost j'escry, & en vers je compose
Ce que l'oeil void, ce que l'erreur propose.
Ainsi souvent passant ma
fantasie,
Un jour à l[']oeil j'ay la rive choisie
Ou Theseus (qui fut à mon advis
Plus dur que n'est rocher que là je veis)
Laissa la pauvre Ariadne ravie
En la Candie, ou el' saulva la vie
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