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Car tost apres que leur faulse malice
Eut apperceu la deesse sans vice,
De boire au lac par refus estrangée,
Leur forme fut en grenouilles changée:
Si que depuis au parfond
se musserent
De mesmes eaux qu'à grand tort refuserent:
Laquelle peine, & transmutation
Puisse venir à celle nation
Qui nous nia, non vivres seulement,
Mais eau qui est un commun element.
Nous donc venus en l'ingrate contrée,
Sans avoir eu en aulcun port entrée
Fors
à Corfou, ou nous ne fusmes
guiere:
Vinsmes prendre eau
au port de la
figuiere*. O:
Figuiere
Puys à virer les proues commencasmes
En faisant force,
& tant nous avansasmes
Que de Patras au
gouffre
nous nous mismes,
Et la Turcquesque armée decouvrismes,
Surgie
en mer, en troupe espouventable,
Dont le regard n'est pas moins veritable,
Ne moins estrange à l'oeil qui le contemple, /
Qu'est incroyable au monde le bruit ample
Des hommes, nefz,
& galeres sans nombre,
Mettant le goufre,
& les poissons à l'ombre
Si qu'au travers, l'[onde]* marine
verte, V2,O:
l'onde
Ne pouvoit estre à mes yeulx descouverte.
Et me sembla des le premier arrest
Que je voyois une grande forest
Qui paroissoit couppée de nouveau,
Ou l[']on avoit laissé maint
baliveau.
Tant y avoit d'arbres, & de longs mastz,
Qu'à les nombrer
on n'eust sceu faire amas
De la moitié, non pas du demy quart,
Y eust Argus ses cent yeulx à
l'escart.
A l'arriver, les galeres
Francoyses
Nous saluans, feirent grand bruit, &
noyses:
Forsatz captifz, trompettes, & haultboys,
Coups de Canons font entendre leur voix.
Turcs en apres tout en un mesme
instant
Mirent le feu, & en feirent autant.
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