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Tant qu'alentour de l'armée qui bruict,
L'air est si plein, & de flamme, & de bruict
Que l[']on n'eust peu entendre Dieu tonner:
Ne se garder à peine d'estonner.
    Cela passé, esquifz en mer boutez
Nous ont soubdain en leurs vaisseaux portez:
Ou voyons cas estranges, & divers,
Qui seroyent longs d'escrire par mes vers.
    Je laisse là leurs institutions,
Leur faulse loy, leurs superstitions, /
Leur vestement, la facon de manger
Le recueil faict par eulx à l'estranger.
    Je me reserve une foys le plaisir
De vous compter les choses à loysir.
Suffise vous entendre pour ceste heure
Qu'apres avoir faict avec eulx demeure
Huict ou dix jours, & traicté les affaires
Au bien public de nous tous necessaires,
Prismes congé, & resolution
De retourner à nostre nation.
Voyans le temps favorable, & propice
Chascun s'appreste à faire son office.
Forsatz au reme, aux tymons tymonniers,
Proues en proue, aux canons canonniers
Courent soubdain, & mariniers aux voiles,
Pour du bastart construict de maintes toiles
Donner aut* vent, le large, & spacieux,             V2, O: au
Au vent le vey, souef, & gracieux,
Que les Latins Zephyrus appellerent.
Ses doulx souspirs adoncques nous coulerent
Paisiblement par la mer Thyrrenee,
Ou Aeneas par fortune effrenee,
Souffrit jadis diverse affliction
Cerchant aux siens neufve habitation.
La mer tranquille alors ne nous moleste
Parmy son bleu (couleur vive, & celeste)
Voyons poissons au plonge qui se jouent:
Oyseaulx divers par l'air serain qui rouent.
Le Ciel est cler, la terre faict silence: /
Tous Elements cessent leur violence,