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Et chascun d'eulx s'embellit tout autour,
Pour nous donner aggreable retour.
O quel plaisir (amye) ce m'estoit
De voir le temps qui au beau se mectoit,
Favorisant la mienne affection,
Pour tost revoir vostre perfection.
Mais ce pendant, la fortune ennemie
De si grand bien, n'estoit pas endormie:
Car des le temps de ma jeunesse tendre,
Elle souloit à me nuire pretendre,
Et pour plustost à ses fins arriver,
Avoit brassé mes jeunes ans priver
Du ferme espoir, que moy foible avois mis
Aux eslevez miens parens, & amys:
Faisant leur vie en guerre terminée,
Et mon attente avec eulx ruinée:
Pour me garder en apres de venir,
Et en ses fers esclave me tenir,
Ne plus ne moins que l'orme, qui surmonte
La vigne estant autour de luy, qui monte
Par ses rameaux espars à la rengette,
[La]* vous contrainct de demourer subjecte,          O: La (pr. o. dir.)
Et ne permect jamais qu'elle paroisse.
    Fortune aussi par ses branches d'angoisse,
Par ses rameaux portants fruictz de douleur,
A tousjours mis obstacle de malheur
A mes vouloirs, non en terre adonnez,
Mais pour attaindre à l'honneur ordonnez. /
Ò quantesfois de Vertu la contraire
S'est envers moy declairee adversaire.*            O: !
Combien d'assaultz, quantes peines diverses
M'ont inventé ses finesses perverses.*            O: !
Et mesmement en la juste entreprise,
Que soubz attente honneste j'avois prise:
Pour en voz* mains (amye) mectre gage,          O: noz
Qui d'amour porte un certain tesmoignage.
Et par effect la foy vous asseurer,
Que j'ay promis eternelle durer:
Ou long temps ha j'eusse heureuse fin mise,
Si la fortune à nous deux l'eust permise.